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Entretien avec M. Pierre Galand

Maison de la Laïcité, conférence de M. Pierre Galand, le 7 mai 2014

Entretien avec Pierre Galand

Nous voici donc arrivés à la 3e et dernière rencontre thématique sur les enjeux des élections du 25 mai. A cette occasion, nous avons eu le plaisir de rencontrer ce 7 mai Pierre Galand à la Maison de la Laïcité d’Andenne dans le cadre de son exposé sur : « La Laïcité face aux défis du 21e siècle ». Pierre Galand est un vrai combattant des barricades de la solidarité. Il a transformé la branche belge d’OXFAM - dont il fut Secrétaire général pendant de nombreuses années - en une formidable machine de soutien à tous les peuples opprimés : Palestine, Sahara Occidental, Soudan…

Philippe Wascotte : Pierre Galand, qui êtes-vous ?

Pierre Galand : Je suis économiste et philosophe. J’enseigne à l’ULB. J’ai également été sénateur. Après avoir été Secrétaire général d’OXFAM pendant 30 ans et Président du Centre Laïque je suis actuellement Président du Centre Humaniste Européen.

P.W. Votre conférence de ce jour porte sur quel thème ?

P.G. Il s’agit de montrer que l’on peut vivre ensemble même si les intérêts et les enjeux des sociétés sont différents ; il faut parvenir à avoir une vue d’ensemble et commune sur les questions fondamentales que sont notamment les aspects sociaux, politique, culturel et religieux. Depuis toujours, il y a des tensions entre les individus et entre les nations ce qui a entraîné des conflits. Après la seconde guerre mondiale le projet européen a été bénéfique pour la stabilité de l’Europe tant au niveau économique que politique. Cependant, le citoyen est aujourd’hui confronté avec le populisme et les « eurosceptiques ». Malheureusement cette attitude risque de priver et de déposséder le citoyen de sa vigilance démocratique. Elle est absolument indispensable, car le politique ne peut travailler qu’avec le contrôle démocratique.

P.W. Et la Laïcité ?

P.G. La laïcité contribue à la citoyenneté. Elle est à la base de la démocratie.

P.W. Je me fais l’avocat du diable. L’Europe n’est-elle pas en décadence ? Le philosophe de l’histoire Arnold Toynbee a démontré dans son livre « l’Histoire » que les civilisations naissent, croissent et finissent par mourir (il parlait notamment de l’Egypte et des civilisations Assyriennes)?

P.G. Non, certainement pas, car l’Europe a encore un rôle important à jouer. La science et la technologie sont en plein essor. Mais il est vrai que l’Europe cherche ses marques.

P.W. Jacques Delors a dit récemment que nous vivons à l’époque la plus intelligente de tous les temps. Qu’en pensez-vous ?

P.G. Je ne dirais pas cela de cette manière. Je pense plutôt que la plupart des pays permettent aujourd’hui à leurs concitoyens d’accéder aux études les plus hautes, à la connaissance et à la culture et cela grâce notamment aux nouvelles technologies. C’est en cela que l’humanité est en progrès.

P.W. Je me fais à nouveau l’avocat du diable.

P.G. C’est votre rôle.

P.W. La jeunesse d’aujourd’hui n’a plus les mêmes objectifs que dans les années 1960. L’argent est au centre de leur préoccupation. Est-ce une réponse à leurs problèmes existentiels?

P.G. L’« homme » doit donner un sens à l'histoire et à sa vie. Aujourd’hui, il est impératif qu’il relie ses combats contre la mondialisation, à Porto Alegre ou ailleurs, aux luttes et aux idéaux tiers-mondistes des années 60.

P.W. Merci Pierre Galand.

Philippe Wascotte